ULYSSE - EPISODE 13

A ITHAQUE

Entretemps, à Ithaque, la situation est critique. Ulysse n’étant pas rentré de Troie comme

les autres guerriers et des prétendants en nombre s’empressent auprès de sa femme

Pénélope. Ils abusent de son hospitalité et, de festin en festin, consomment les ressources de sa maison. Son fils Télémaque assiste, impuissant mais lucide, à cette situation.

Pénélope espère toujours le retour d’Ulysse et résiste à l’idée d’un remariage. Pour gagner du temps et sauvegarder sa liberté, elle a inventé une ruse, stratégie commune du couple, semble-t-il. Elle a promis aux prétendants qu’elle se marierait avec l’un d’eux lorsqu’elle aurait terminé de tisser un linceul destiné à son beau-père. Défaisant la nuit le travail qu’elle avait réalisé au cours de la journée, elle retardait ainsi le moment où elle devrait accepter un remariage. Au bout de quelques années, malheureusement, l’une de ses servantes l’a dénoncée.

 

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Le couple d’Ulysse, le grand voyageur , et de Pénélope, la femme gardienne du foyer incarne un couple archétypique complémentaire formé par Hermès, dieu des commerçants et des voyageurs et Hestia, déesse du foyer. Hestia réside  au centre de la maison, dans le foyer de forme circulaire, « nombril qui enracine la maison dans la terre, symbole et gage de fixité, d’immuabilité, de permanence…Seule Hestia demeure immobile à la maison, sans jamais quitter sa place. Point fixe, centre à partir duquel l’espace humain s’oriente et s’organise, Hestia…pourra s’identifier à la terre, immobile au centre du cosmos», selon la conception grecque de l’époque. (1) L’archétype d’Hermès, est également attaché à l’espace terrestre, mais il l’arpente  en messager, en compagnon de voyage : « rien en lui de fixé, de stable, de permanent, de circonscrit, ni de fermé. Il représente, dans l’espace et dans le monde humain, le mouvement, le passage, le changement d’état, les transitions, les contacts avec les éléments étrangers. » (2)  Représentants de deux rapports différents à l’espace et au monde terrestre, ils évoquent l’équilibre difficile de l’identité humaine entre fixité et errance, entre permanence et évolution.

Athéna, quant à elle, pourrait apparaître comme une figure de conjonction de ces deux archétypes: en effet, elle est une déesse vierge, c’est-à-dire libre de tout attachement à un foyer : elle va et vient, enfilant « ses plus belles sandales, divines et dorées, qui la portent sur l’onde et la terre sans bornes… »(3) Mais elle est aussi celle qui préside au développement de l’agriculture et l’artisanat, activités essentiellement sédentaires.